January 31, 2023
Euridice Axen : "Je joue à Moana pour vous montrer de la vraie pornographie"


Un dialogue imaginaire entre une femme et un homme. L’étonnement éclate lorsque l’homme se rend compte que la présence féminine est à tous égards la même que celle de Moana Pozzi. Après avoir fait ses débuts au Napoli Teatro Festival en 2020, le spectacle « STROISIÈME SENS – Moana Pozzi” se déroulera à Milan au Théâtre Franco Parenti du 13 au 18 décembre et à Rome au Théâtre Parioli du 18 au 22 janvier 2023. Un défi passionnant pour Eurydice Axenl’une des meilleures actrices du moment et déjà le visage de l’envoûtante Tamara dans « Loro » de Paolo Sorrentino : « J’aime toujours faire quelque chose qui peut être une provocation ».

Comment est né ce projet ?

« J’ai toujours été une admiratrice de Moana, j’ai toujours été fascinée par cette bifurcation entre le travail qu’elle faisait et sa façon de parler en public. Beaucoup se sont demandé pourquoi il faisait du porno, comme s’il y avait quelque chose qui n’allait pas. C’était un chiffre complet, il n’était pas étiquetable. J’avais vu un spécial sur elle pour l’anniversaire de sa mort et je me suis dit : ‘cette femme a besoin qu’on lui dise’. Je ne pensais même pas que je devais le faire, puis un mois plus tard, on m’a demandé de faire une émission sur elle.”

Parfaitement adapté…

“Oui définitivement. Je ne sais pas si cela n’a qu’à voir avec l’affaire, mais je ne veux pas jeter là des mysticismes ».

Et à travers Moana met l’accent sur la vraie pornographie.

« La chose intéressante était sa figure associée au texte. Ici aussi on voit Moana entre paillettes et costumes, mais le texte est différent, une plainte contre la vraie pornographie. Moana sert de manifeste pour crier ce qu’est la vraie pornographie : pas celle déclarée qu’elle faisait, mais celle que nous pratiquons tous les jours en pensant que nous ne sommes pas vulgaires”.

Moana Pozzi est un prétexte pour dénoncer ce qui est pourri dans la société actuelle. C’est-à-dire?

«Je pense que tout se résume à l’ego. Il y a de l’hypocrisie, il y a d’autres choses aussi. Mais le dénominateur commun est l’ego, le plus pornographique qui soit. Et dans ce moment historique je pense que c’est le maître. Quand on est égocentrique, on ne voit pas les autres et on est sujet à certaines attitudes : de l’hypocrisie à l’indifférence, du mensonge aux fausses promesses ».

On se souvient de Moana comme d’une star du porno non vulgaire, considérant que la pornographie est toujours vue de manière purement négative. Sommes-nous toujours aussi sectaires ?

« Oui, absolument oui. La pornographie est pratiquée mais on n’en parle pas. Imaginez si une femme en parle, un scandale. Oui, nous sommes des bigots, il y a tellement d’hypocrisie. Certains ont dit : ‘Mais pourquoi fais-tu une émission sur Moana, juste sur une star du porno ?’. Et ce sont les mêmes qui auront vu tous ses films (rires, ndlr)”.

C’est certes un projet audacieux et provocateur, mais je pense aussi à un autre rôle, celui de Tamara dans « Loro » de Paolo Sorrentino. A-t-il un penchant provocateur ?

“J’aime vraiment créer des personnages qui peuvent déranger d’une manière ou d’une autre. Le journal m’intéresse moins. Être la femme d’à côté ne fait pas partie de mes ambitions. Ensuite, il m’arrive de le faire parce que ce sont peut-être de beaux projets. J’aime toujours faire quelque chose qui peut être une provocation. Par exemple dans ‘Loro’ j’avais un personnage absurde, une sorte de petite fille qui perd tout sentiment. Quand je sais qu’il y a un impact sur l’audience, c’est un stimulant. Ça peut aussi être négatif, mais l’important c’est que quelque chose de fort arrive ».

Eurydice Axen

C’est une belle femme, sur Instagram elle enchante ses followers. Quel rapport entretient-il avec la féminité, avec la sensualité ?

« Ce que vous voyez sur Instagram, c’est tout (rires, ndlr). Dans mon quotidien je ne me focalise pas sur le look, j’ai une sensualité différente, un peu plus enfantine que provocante. J’ai un rapport très serein avec mon corps, dans ses forces et ses faiblesses. Pour moi, un acteur doit se mettre nu, ce n’est pas qu’une figure de style”.

Une critique qui vous a blessé ?

« Je réponds rapidement. Quand j’ai commencé, un réalisateur m’a dit que je n’étais pas capable de faire mon rôle. J’étais très jeune, j’étais très bouleversé. ‘Ne t’inquiète pas, il veut travailler avec Gabriele Lavia’, me dit-il. Puis l’année suivante j’ai collaboré avec Gabriele Lavia : sa méchanceté m’a porté chance ».

Quels sont ses projets ?

“Je serai le protagoniste de la comédie ‘Un héritage inconfortable’ avec Chiara Francini qui sortira le 29 décembre sur Rai 1, un rôle inhabituel et très drôle : un médecin avec une manie de contrôle. Puis en 2023 sortira la deuxième saison de la série de Gabriele Muccino et j’ai un projet avec Sky, mais je ne peux pas encore en parler ».





Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *