February 4, 2023
Bulletin de Mereghetti : « Avatar - La voie de l'eau », un voyage de merveilles (note 8)


de Paul Mereghetti

Une famille, des affrontements entre humains et extraterrestres sur Pandora : 13 ans après, Cameron surprend toujours

L’émerveillement appartient au poète à la fin… La déclaration de Gian Battista Marino semble s’adapter parfaitement à ce nouveau pari de James Cameron : pouvoir surprendre le spectateur, habitué depuis des années à des aventures de plus en plus fantasmagoriques, pour le laisser une nouvelle fois sans voix. Et il faut tout de suite dire qu’avec ça « Avatar – La voie de l’eau» le but (et l’émerveillement) sont parfaitement atteints.

Pour les rares qui n’ont jamais vu le film il y a treize ans (deux milliards et 992 millions de dollars au box-office mondial, le plus regardé de toute l’histoire du cinéma) disons que les humains avaient été vaincus dans leur tentative de conquérir la planète Pandora, battus par l’ex marine Jake Sully (Sam Worthington) qui avait trahi son peuple et épousé la cause des Na’vi indigènes pour l’amour de Neytiri (Zoe Saldana). Au début de ce deuxième “chapitre”, les humains décident de retenter l’invasion, menés par un ancien compagnon d’armes de Sully, le mercenaire Lyle Wainfleet (Matt Gerald) qui, avec quelques autres marines, est amené à entrer dans l’avatar ( un corps construit artificiellement sur lequel le premier film s’était longtemps attardé) d’un Na’vi pour ressembler à des ennemis et les tromper. Sa tâche : capturer le traître Sully, considéré comme le stratège de la résistance anti-terrestre.

LAPendant ce temps, Jake et Neytiri ont eu trois enfants – Neteyam (Jamie Flatters), l’aîné sensé, Lo’ak (Britain Dalton), le second complexe, et le diminutif Tuk (Trinity Bliss) – et ont adopté Kiki (Sigourney Weaver, décidément rajeuni. Bien que je suppose que c’est la fille du médecin que l’actrice américaine a joué dans le premier film) puis l’Araignée humaine (Jack Champion), un orphelin terrestre resté sur Pandora. Ce seront les enfants qui se retrouveront plus d’une fois et à leur tour entre les mains de Lyle, qui tentera de les utiliser pour forcer Sully à se rendre. Dans un premier temps, il espère s’évader en abandonnant le monde forestier où il vivait pour se cacher du peuple Metkayina, qui vit sur la barrière de corail et considère l’eau comme son principal habitat. Mais Lyle le découvre et commence ainsi une chasse qui occupe plus ou moins les deux dernières heures de la durée de trois et quart.

L’histoire, cependant, est la moindre des choses qui comptent à Cameron. Face au défi de la sérialité qui semble avoir poussé nombre de ses confrères à des scénarios de plus en plus compliqués, où les personnages se multiplient comme des champignons (les “Vengeurssont là pour le prouver), il choisit une intrigue minimale, écrite avec Rick Raffa et Amanda Silver, pour tout miser sur la grandeur et, justement, sur l’émerveillement.

Convaincus, non à tort, que le cinéma est avant tout son public plus jeune a perdu ce rapport avec les films faits d’identification et de “réalisme” (au sens où ils devaient raconter des histoires crédibles et possibles) son choix de mise en scène est tout en faveur du spectaculaire, de la surprise, de tout ce qui va au-delà la réalité. Pour reprendre la formulation imaginée par David Thomson dans son La formule parfaite (juste traduit en italien par Adelphi), ce que recherche Cameron, c’est «une sensation de cinéma comme une forme visuelle capable de nous offrir des choses jamais vues ou connues dans la vraie vie».

Et de ce point de vue “Avatar – La voie de l’eau” c’est une sorte de manuel des merveilles. Exploitant la simplicité et la “faiblesse” de l’intrigue (au fond, nous sommes éternellement bons contre mauvais, et il n’est pas difficile de comprendre comment cela va se terminer), le film s’autorise d’authentiques pauses de grandeur visuelle – la découverte des gigantesques cétacés tulkun, le final catastrophe qui s’amuse à jouer avec la mémoire de son Titanic, les longues séquences sous-marines – envoûtant le spectateur avec de longues scènes qui ajoutent peu à l’intrigue beaucoup au plaisir des yeux. C’est un cinéma fait plus de technologie que d’action, à apprécier sur un écran plus grand que la viemieux dans la version 3D, pour retrouver ce goût du divertissement que la pandémie semblait avoir gommé.

13 décembre 2022 (changement 13 décembre 2022 | 21:33)



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