January 27, 2023
Les Fabelman, les rêves et cauchemars de Steven Spielberg deviennent un film stratosphérique et incontournable


Nous voulions vous faire savoir que ce sera l’une des nombreuses pièces avant la sortie de Les Fabelman (22 décembre). Non pas que le dernier film de Steven Spielberg est un chef-d’oeuvre (difficile d’égaler Indiana Jones, ET, Jaws, Duel, et bien plus encore…), mais étant un grand film, un film stratosphériqueune sorte de somme rétroactive personnelle et méta-cinématographique, ici, sachez que ces choses-là nous rendent fous et nous avons le devoir de vous le faire savoir. Les Fabelman d’ailleurs c’est un peu Graffiti américain (enfin) réussi, un Graffiti américain sans machines, voire avec la caméra.

Inquiétons aussi Vertov : l’homme à la caméra. A ce tour, en somme, pas de bilan (ça tombe sous l’arbre), mais une sorte de Aperçuen entrée, analyse sur l’utilisation de l’appareil photo modèle stylo caméra et avec la fonction d’instrument de vérité. Les Fabelman c’est une grâce devenir majeur situé au début des années soixante entre le New Jersey, Phoenix et enfin la Californie du Nord qui a la figure de Sammy petit garçon (Mateo Zoryon Francis-Deford) qui découvre le cinéma choqué et ravi en voulant répéter et reprendre dans sa chambre ce qu’il a vu dans le hall (une collision entre des trains dans Le plus grand spectacle du monde); et Sammy garçon (Gabriel LaBelle) qui commence à être un Steven Spielberg plus mature aux jambes courtes, qui tourne en 8 et 16 mm et monte ses courts métrages “amateurs” (le fictionnel sur le carnage sur un champ de bataille entre nazis et marines avec un casting de ses pairs ; celle de la mère cinglée et infidèle ; celle de la fête de l’école sur la plage) qu’ils connaissent déjà action, aventure, émotion, poésie et vérité.

Nous parlerons bientôt de la désagrégation du concept classique de famille, de la capacité à rendre hommage à la surprise et à la magie devant le faisceau lumineux de la chambre noire du cinéma. Ici, on veut plutôt saisir la question brûlante, le squelette du sens, le formalisme inquiet et antique à l’intérieur du plan du cinéaste qui sait satisfaire de nombreux palais. Malgré le pèrePaul Dano) appelle ça un passe-temps, le jeune Sammy a le cinéma dans le sang. Et il l’a dans cette version de clé et de construction à partir de Nouvel Hollywood années soixante-dix où le contrôle et le développement de la forme et du contenu ont trouvé un résultat naturel dans une forme de spectacle mythologique. La vie tourne autour de Sammy, les déménagements pour le travail d’ingénieur de son père qui grandit professionnellement, la séparation parentale, les béguins d’adolescents et l’intimidation à l’université. Autrement dit, tout l’attirail d’une histoire de passage à l’âge adulte classique d’Hollywood. Ou la texture extérieure de Les Fabelman. Car Sammy, et l’adolescent Spielberg qui l’accompagnait, font de leur mieux pour filmer ce qui l’entoure, filtrant l’intériorité de ses protagonistes avec une inspiration artisanale et intense qui recèle une vérité superficiellement cachée.

Avec les montres 8 et 16mm Sammy/Steven, scrute, décortique le frisson et les larmes de l’épopée militaire, le mélodrame de la souffrance sentimentale et psychologique de la mère, la performativité comique athlétique héroïque des camarades de fac. Et à chaque fois qu’il le fait ? Je leur montre, aux protagonistes et au public, qui ils sont vraiment. Il capte l’essence humaine, fictive, sensible en profondeur. Et donc si les spectateurs du film de guerre s’extasient, Mama Mitzi (michelle williams) et Logan (Sam Rechner), son compagnon apparemment intimidateur et connard, sont abasourdis par la façon dont Sammy a su les encadrer, les montrer, les faire revivre au-delà de la patine du quotidien (paradoxalement au-delà de l’intrigue de Les Fabelman) dans le rêve de ce cinéma simple et pauvre, avec ralentis et bouts de film collés au scotch. Bref, dans cet immense film qu’il est Les Fabelman Spielberg nous apprend avec une authenticité qui semble sans effort, comment aller avec la caméra à l’essentiel de la vérité de ce que l’on veut raconter. On avait remarqué que Spielberg avait perdu l’essentiel (Cheval de guerre, Tintin, BFG, West side story). Que nous ayons eu besoin des machines grinçantes du musée du cinéma pour lui redire est une surprise qui nous remplit de joie. Même juste pour ces trois courts métrages dans tout le film, Les Fabelman c’est déjà le titre du nôtre et de l’année, peut-être des cinq ou six dernières années, à ne surtout pas rater.



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