January 31, 2023
Le Corset de l'Impératrice, le portrait passionnant et libre d'une Sissi inédite


Une femme libre et agitée contrainte au rôle étouffant d’une impératrice vitrine. Le corset de l’impératrice sorti aujourd’hui pour BIM offre un portrait irrévérencieux d’une Sissi comme on ne l’a jamais vue avec une splendide interprétation de Vicky Krieps.

Passif et souffrant. Ainsi la personnalité multiforme de la princesse Sissi nous a été transmise à plusieurs reprises dès le plus jeune âge dans les films insouciants des années 1950, c’est-à-dire Elisabeth Amalia Eugénie de Wittelsbach, née duchesse de Bavière puis après mariage avec l’impératrice François-Joseph d’Autriche et reine de Hongrie, ainsi que bien d’autres choses. C’est maintenant dans les salles un portrait qui nous donne une perspective différentemettant en évidence la personnalité irrévérencieuse et rebelle d’une femme qui a grandi en dehors des contextes marécageux de l’aristocratie européenne. Le Corset de l’Impératriceen version originale Corsagesest un délice aussi formellement élégant qu’en ébullition continueanobli par l’admirable interprétation, et primé dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, par Vicky Kriepsluxembourgeoise mais aussi polyglotte et cosmopolite comme Sissi.

Toujours une question de vêtements, pour elle : multiplicateurs de beauté dans le Fil cachéle film qui l’a lancé, métaphores suffocantes d’une vie de cour insatisfaisante, faite uniquement de gestes superficiels de représentation, Le Corset de l’Impératrice. Son rôle se limite pratiquement à une coquille vide, un cheveux beaux et soignés qui représente la principale contribution demandée. Mais elle est habitués à vivre dans la nature, sans formalismes, à s’intéresser aux pauvres et aux luttes internes de l’empire avec les minorités opprimées. Juste celle qui, suite à un caprice injuste du destin, s’est retrouvée au crépuscule du XIXe siècle (et de l’empire des Habsbourg) tuée par un anarchiste italien, à une époque d’attentats terroristes qui fera école.

Un regard irrévérencieux mais pas indifférent, celui de Marie Kruetzercandidat autrichien aux Oscars ainsi que trois fois nominé aux European Film Awards, qui dessine un caractère contradictoire avec des coups de pinceaux réalistes et parfois brutaux, mais toujours chaleureux et empathiques. A partir de 1877, le film raconte quelques années de la vie d’une femme dans une tonalité contemporaine ainsi que des choix musicaux anachroniques, comme une splendide version à la cour (chantée par les Français Camille) de Comme les larmes tombent de la Pierres qui roulent.

La liberté qui est empêchée à la cour, intolérant aux apparitions publiques auxquelles il envoie souvent “un sosie”, Sissi la trouve juste devant une caméra rudimentaire que lui présente un jeune inventeur français. LL’impératrice est une femme moderne enfermée dans une époque oppressante et désespérément tournée vers un avenir mouvantcontre les photographies qu’il considérait comme fausses dans leur présomption de représenter la vérité, ou pire encore les portraits peints sur toile et la représentation. Un portrait audacieux d’une femme obsédée par son image et sa forme, avec la décoloration de sa beauté dans la quarantaine (âge moyen de la femme de l’époque), avec un mauvais rapport d’amour et surtout de haine avec la nourriture.

Mais un ressort aussi photographie apparemment partielle, mais savamment universelle d’un âge sclérotique où les monarchies et les empires étaient sur le point de succomber à la poussée énergique des nationalismes. Un œil contemporain ne manquera pas le paradoxe – dans un film qui n’est pas sans savoureuses ironies – d’un sérieux médecin de la cour qui prescrit à l’impératrice une médecine moderne, “sans effets nocifs”, sous forme d’injections dans une veine d’héroïne. . Cela alors qu’une femme vue en train de fumer était une source inacceptable de honte publique.





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