January 31, 2023
Choc de Ponchielli : Traviata "transgenre", plus de huées que d'applaudissements


CREMONA – Beaucoup de bruit pour rien. Cette production de Traviata semblait destinée à scandaliser et à susciter de nombreuses discussions. Au final, l’objectif a été – partiellement – ​​atteint: Traviata s’est terminée par undifférend étendu adressée au directeur de Luca Baracchini. Sifflets, “boo” et “honte” de la galerie aux étals, expression d’un public qui ne tolère pas la tournure purement provocatrice que finissent souvent par prendre certaines directions d’opéra. Par lui-même, L’idée de Baracchini génère immédiatement des doutes. L’iconique et “toujours libre” Violetta Valéry serait à l’origine un homme, qui aspire devant un miroir ne se reconnaissant pas à son image, rejetant ce qu’il voit, c’est-à-dire éprouvant un décalage entre ce qu’il est et ce qu’il se sent. Violetta vit le conflit interne de l’identité de genre. L’excuse est quelques références du livret (“Addio del past” au début du troisième acte, “l’immagine de my past days” dans le finale). Il y aurait donc une « transition » à Violetta.

Le problème avec cette configuration, cependant, vient de deux raisons fondamentales : tout d’abord, ce qui apparaît, c’est que le réalisateur a considérablement exploité le message de Verdi – en le comprenant mal – à la suite d’un débat politique et idéologique profondément ressenti en Italie ces dernières années. Un jeu trop facile aujourd’hui, mais on a du mal à croire au révisionnisme historico-culturel qu’il veut Giuseppe Verdi un rempart progressif. La deuxième raison est liée à la première : Verdi se plie au service d’un tentative non historique d’étonner le public, le provoquant. Cette direction essaie en fait de scandaliser le public, mais en utilisant des méthodes conventionnelles et même un peu démodées. Il n’y a rien de vraiment révolutionnaireen effet, il y a beaucoup trop de conformisme dans la volonté de re-proposer des schémas pseudo-provocateurs et – quoi qu’on en dise – empreints d’idéologie. En fait, si l’on débarrasse cette Traviata du rocher de la fluidité du genre (en soi aussi assez bien développé par le réalisateur), de la vulgarité (par exemple, la chorale des gitans sadomasochistesou la poésie de «Un dì felice, eterea» occultée par des scènes à fond sexuel), par la nudité (prélude au deuxième acte, avec l’alter ego masculin de Violetta qui tente de s’émasculer) et par le folklore (comme le travestis omniprésents en scène), on a juste une mise en scène typique de la Traviata, déjà vue et revue.

En soi, le spectacle fonctionnerait aussi, même s’il n’excite pas particulièrement, ou propose des alternatives aux mises en scène « traditionnelles » de Traviata ; aussi bien que il ne manque pas de passages assez significatifs, bien qu’un peu rhétoriques, sur le thème de l’acceptation de soi, et là le réalisateur a raison : à une époque de tumulte, beaucoup sont marginalisés et incompris (Violetta est « seule et abandonnée dans ce désert peuplé »). L’occasion de cette revue est tentante pour faire une petite réflexion. Si le théâtre – comme veut (ou voudrait) réaffirmer cette mise en scène – doit faire débat, s’il doit être une sorte d’agora où les pensées se croisent et s’entrechoquent, alors non seulement ne faut-il pas se scandaliser de la protestation tonitruante soulevée par cette direction, mais il faut même la considérer comme faisant partie intégrante du débat artistique. En continuant, les scènes de Francesca Sgariboldi amener Traviata à notre époque avec deux scènes fixes, une discothèque et la maison de Violetta et Alfredo (les lumières de Gianni Bertoli). Les costumes, également contemporains, sont de Donat di Donna. Ne vous cachez pas derrière l’excuse du public sectaire ou peu ouvert à la contemporanéité ou aux enjeux sociaux : le mauvais goût est de mauvais goût (les premiers sifflets accompagnent l’évitable scène sadomasochiste au milieu du second acte). Heureusement Verdi intervient, dont la musique est bien plus difficile à contrefaire. La direction est entre les mains et la baguette de Enrico Lombardiqui aborde une partition bien connue comme celle de Traviata en essayant d’oublier un instant la pratique traditionnelle de l’interprétation et en essayant de revenir philologiquement à l’original de Verdi. Le résultat est un juste milieu entre archétype et traditionqui met en avant des aspects plus ‘bel canto’ (les coupures sur les cabalettes sont évitées et les vocalismes et les couronnes sont accentués).

Le rôle-titre est confié à Frances Sassu, soprano au timbre très agréable, jamais banal. Il sait restituer un intimisme émouvant dans des moments de plus grand pathétique. Excellent test aussi pour l’Alfredo de Valério Borgioni, qui abandonne l’habit traditionnel du bon vivant au profit d’un Alfredo plus timide, parfois un peu maladroit. Moins centré est celui de Germont Vincenzo Nizzardo, souvent avalé et avec peu de nuances. Quelques limites aussi dans le jeu des acteurs et les mimiques : le résultat est un Germont à deux dimensions qui se laisse aller à des gestes histrioniques et des regards sinistres qui conviennent plus à un Scarpia ou un Jago qu’à un père qui, bien que sévère, est capable d’affection et compassion. Bon, je distingue les différents acteurs de soutien : Reut Ventorero, Sharon Zhaï, James Léon, Alphonse Ciulla, Alessandro Abis, Nicolas Ciancio, Hermès Nicer Et Quartiers de Philippe. Très bien le Chœur d’OperaLombardia préparé par le maître Malaspina et leMusique d’orchestre de l’après-midilà. Demain, il se répète à 15h30.

PHOTOS ET VIDÉOS : PHOTOLIVE/SAUF LIUZZI





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