January 27, 2023
Crif : une entreprise italienne sur trois est exposée à des risques environnementaux


En Italie une entreprise sur trois est exposée à des pertes économiques potentielles dues à des phénomènes naturels extrêmes, générés par le changement climatique et donc appelés à devenir de plus en plus fréquents. En effet, si désormais la perte annuelle moyenne due aux inondations, tremblements de terre, glissements de terrain et vents extrêmes est d’environ 0,65 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, celle-ci augmentera d’environ 8 % d’ici 2050.

Risque aggravé par le fait que l’Italie est nettement sous-assurée contre les conséquences du changement climatique par rapport à la moyenne des autres grandes nations européennes. C’est le tableau qui ressort de l’étude analytique réalisée par Crif-Red, en collaboration avec Qbe Italia et sous le patronage de l’Association italienne Insurtech (Iia), sur l’impact du changement climatique sur les citoyens et les entreprises comme l’un des principaux défis pour le secteur de l’assurance .

L’Italie est particulièrement vulnérable aux risques

Rien qu’en 2021, les catastrophes naturelles ont causé plus de 10 000 morts et 250 milliards de dollars de dommages économiques dans le monde. L’Italie est particulièrement exposés aux risques climatiques et environnementaux en raison de la nature du territoire national, où coexistent des niveaux élevés de risque de tremblements de terre, d’inondations et de glissements de terrain, auxquels s’ajoutent ceux dérivant de phénomènes liés aux températures élevées qui caractérisent de grandes parties de la péninsule, comme la sécheresse, le stress hydrique et les vagues de chaleur. Mais surtout parce que le tissu économique italien se caractérise par la présence de petites et moyennes entreprisessouvent mono-site, majoritairement concentrés dans des zones industrielles localisées dans des zones géographiques précises, donc particulièrement vulnérables et “moins armés quant à la perception du risque causé par les phénomènes naturels liés au climat et non” souligne Alessandro Viterbori, gérant de portefeuille mixte commercial de Qbe Italie.

Cependant, le danger n’est pas uniforme sur tout le territoire italien, souligne le rapport Crif-Red.

La risque de glissement de terrain il touche surtout les provinces des zones montagneuses, notamment dans les Alpes, en effet 40% des entreprises des provinces d’Aoste, Sondrio, Trento et Belluno sont exposées à un risque élevé.

La inondations elles menacent surtout les provinces de la basse vallée du Pô (Rovigo et Ferrare), dans les zones côtières de basse altitude (Gorizia) ou dans les zones caractérisées par des pluies torrentielles et des crues soudaines (Gênes et Catane). La fortes précipitations se profilent plutôt Verbano-Cusio-Ossola, qui présente à la fois le risque de fortes chutes de neige et de grêle, suivi de Lecce et de Syracuse, où le régime pluviométrique est particulièrement intense et les orages de grêle sont également fréquents.

Souvent sous-estimée, la vagues de chaleur et stress hydrique ce sont en fait les phénomènes dont la croissance est la plus spectaculaire, note Crif, car ils sont étroitement liés au réchauffement climatique.

Concrètement, la hausse des températures affectera principalement les provinces du Sud et la vallée du Pô. En effet, les vagues de chaleur entraîneraient des pertes de 7 % des entreprises italiennes, un pourcentage qui atteindrait 55 % dans le sud de l’Italie.

Quant à la dimension sectorielle, les plus touchés sont l’agriculture et le commerce et la logistique tandis que les services sont les plus résilients, même avec plus de 25 % des entreprises exposées au risque climatique.

Les entreprises n’ont pas une perception correcte des dangers environnementaux

A tout ce tableau, il faut ajouter le fait que les entreprises n’ont pas une perception correcte des dangers environnementaux, qu’elles les sous-estiment, et qu’elles s’assurent donc trop peu contre les événements extrêmes. Par exemple, selon les dernières données d’Ania, seuls 5% des foyers en Italie sont protégés des risques environnementaux et climatiques.

Dès lors, les acteurs de l’assurance sont appelés à faire évoluer leur offre dans les domaines des biens, des pertes d’exploitation et de la responsabilité, en développant des propositions de protection innovantes, explique le Crif. Répondant ainsi aux nouveaux besoins des clients, contribuant à améliorer la résilience du système et jouant un rôle clé dans le défi mondial de la durabilité.

En particulier, les assureurs européens devront investir au moins 400 millions d’euros, calcule l’IIA, pour développer de nouvelles technologies dans le domaine de l’innovation spatiale (dont les technologies satellitaires pour fournir des données en temps réel sur le changement climatique), de l’intelligence artificielle et du big data qui aideront à cartographier les risques liés aux catastrophes environnementales et à stipuler des services et des politiques adéquats. (Tous les droits sont réservés)



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